01.09.2006

ET UN DE PLUS POUR LE PEN...

StudioKallel multiplie les micro-trottoirs sur DailyMotion. L’un des derniers mis en ligne, un électeur du Front National. Fantasmes, FHaine, et j’en passe au programme. Pour le coup, les mots me manquent. Mais cela fait aussi malheureusement partie de la France d’aujourd’hui même si on feint de ne pas le voir… Etrangement, l'homme aime bien les Maliens.

Commentaires

Bien que sujette à caution, parce qu'entachée d'anti-américanisme, la remarque de Monsieur Sorman est plus qu'instructive. En effet le fascisme a de particulier d'être née en Italie vers les années 1919. Il ne prendra le pouvoir en Italie qu'aux alentours des années 1922-24. Le fascime est né, en tant qu'élément de vocabulaire de l'organisation intitulée "Faisceaux de Combat" de Mussolini qui est allé chercher dans la Rome antique cette appellation.
Le fascime prône certes un Etat policier mais cet élément unique ne saurait définir totalement ce courant idéologique. En effet sa plus grande perversisté est d'être une antithèse des valeurs du siècle des Lumières associée à une hiérarchisation de la société. L'idée de Nation devient prépondérante sur l'idée d'Individu. Cette prégnance de la hiérarchie sociale amène forcément à l'idée que le Groupe est Tout et qu'il ne peut être mené que par un chef dont l'autorité ne peut être remise en question. Nous voyons déjà que ce canevas peut nous aider à décrire toutes les sociétés islamisées. A partir de ce socle, des valeurs simples comme CROIRE, OBEIR, COMBATTRE vont aider à la dualisation des indivdus vivants dans la société. L'ennemi est dès lors créé. Celui qui ne croit pas, celui qui n'obéit pas, celui qui analyse, celui qui critique devient celui qui est à "tuer". Il est l'INFIDELE. l'AUTRE, le SATAN et dès lors les concepts propres au racisme peuvent rendre compte de l'idéologique. Or le fascime ne contenait pas de critère raciste dans son idéologie de base.

Monsieur Guy Sorman a parfaitement raison : l'islamisme n'est pas du fascisme.

L'islamisme, dans ce qu'il nous donne à voir de sa pratique actuelle, à savoir la mise sur le devant de la scène de la dualité MOI et l'AUTRE avec pour conséquence l'assassinat et le meurtre de cet AUTRE qui ne pense pas comme MOI, qui ne croit pas à ce que JE crois ne peut être qu'un ersatz du nazisme. Son antisémitisme structurel et récurent ne peut que me conforter dans cette direction. Reste à savoir si une différence peut être établie entre islamisme et Islam.

Ecrit par : Albignac Pierre Jean | 03.09.2006

Pierre-Jean,

"Reste à savoir si une différence peut être établie entre islamisme et Islam." De mon point de vue, oui. Du moins tant que l'on considère l'Islam comme restreint, comme toutes les religions devraient l'être, à la sphère privée. Maintenant l'Islam a aussi une dimension politique, refusant la sépartion des pouvoirs. Ce passage de la sphère privée à la sphère publique pose inévitablement une difficulté majeure. Qui des non musulmans, des athés, etc..? Quel(s) espace(s) de liberté dans un Etat "islamique". Là réside la véritable énigme. L'Europe a su résoudre cette équation, mais cela a pris le temps. L'Algérie aurait pu être un laboratoire sur cette question. mais voilà, le FIS élu, l'Etat FLN envoya les chars et l'armée. Avec, fait "amusant" le soutien total du RCD de Saïd Sadi, pour le bien de la démocratie... Etrange concept de de sauver la démocratie en déclarant la guerre. Attention, je ne dis pas que le FIS aurait été un pouvoir idéal, ouvert, mais encore aurait-il fallu lui laisser le loisir de gouverner pour s'en faire une idée. Quinze ans après, le FLN vaincu électoralement est toujours au pouvoir... au nom de la démocratie.

En Turquie, les choses n'ont pas pris la même tournure. Je l'avoue, je ne suis pas fan du rôle de "gardien du temple" de l'armée. Mais, dans une phase de transition démocratique, de mise en place des bases d'un Etat de droit, son action est intéressante dans ce pays. Les élections s'y déroulent normalement chaque parti, quel qu'il soit (AKP - le parti musulman, MHP - l'extrême droite turque, etc..) accède au pouvoir si les électeurs l'y ont porté. Avec un petit bémol, néanmoins. L'armée veille, et chacun le sait, évitant ainsi certains débordements possibles). Au final, une fois élus, ces partis n'ont d'autre choix que de faire leurs preuves, de prouver par les politiques qu'ils ont mis en oeuvre qu'ils peuvent apporter des remèdes, sociaux, politiques, économiques. S'ils se redicalisent, la population ne comprendra sans doute pas leur action (nul ne les a empêché d'accéder au pouvoir) et les rejettera. AKP au pouvoir, la Turquie ne s'est pas islamisée et radicalisée pour autant. Comme quoi, élire un parti musulman, n'entraîne pas nécessairement une dérive islamiste.

Un autre exemple serait intéressant à analyser: la montée du religieux aux Etats-Unis. Certes, les Américains ne se sont pas pour autant transformés en "kamikazes +" (un kamikaze s'en prenant historiquement à des cibles militaires et non civiles) mais l'influence de certains lobbies religieux dans la vie politique n'est pas des plus rassurant, ne serait-ce que par rapport à certaines libertés civiles.

La France, a de moin point de vue, choisi de longue date la bonne option en séparant le politique du religieux (même si cela peut être malheureusement à évoluer progressivement). Une démocratie se construit, pas à pas (en fait tout l'inverse de l'Irak...) et pour s'asseoir, doit franchir certaines étapes. L'arrivée au pouvoir (et éventuellement l'encadrement) de partis musulmans, comme en Turquie, en fait partie. Comment espérer, autrement, que ceux-ci adoptent un schéma démocratique quand cette même démocratie (ou du moins ce qui se prétendent d'elle) les rejette. Maintenant, si cela se fait un jour, cela prendra du temps.

Dernière remarque: si l'on prend l'Algérie et la Turquie, le FIS et le Refah (ex Fazilet puis AKP) ne sont pas arrivés grâce à une "islamisation" de la société. Bien plus simplement parce qu'ils étaient présents sur le terrain et agissaient sur des domaines concrets et aussi variés que le raccordement d'un quartier en eau ou en électricité, l'aide aux petits commerces, l'accompagnement scolaire, etc.. Bien sûr, cela peut donner à du clientélisme avec les dérives que l'on peut imaginer. Mais plutôt que de s'insurger contre cela, pourquoi ne pas se demander pourquoi les partis "démocrates" n'ont pas investi ce même terrain, ont été absents de ces quartiers, généralement populaires?

Christophe

Juste pour remettre cette discussion dans son contexte, la note de départ est ici ;-) http://www.europeus.org/archive/2006/09/01/l%E2%80%99islamisme-ce-n%E2%80%99est-pas-le-fascisme.html

Ecrit par : christophe | 03.09.2006

C'est mon cher Christophe notre pierre d'achoppement. Je ne crois personnellement pas à la différence entre islamisme et Islam. L'Islam est un. Entité entière au sens plein du terme qui ne peut s'accepter que comme GROUPE associé jusqu'à la fin des temps à une idéologie "religieuse" et à un territoire matérialisé par la présence de croyants.(un seul suffit pour décréter l'endroit Terrre d'Islam-Propriété de la Oumma). L'individu n'existe pas dans cet environnement et c'est cette non existence qui rend incompatible la Démocratie et l'Islam tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, tant par le chiisme que le sunnisme (j'arrête à ces deux tendances qui sont les plus représentatives). Comparer l'islamisme avec la religosité des courants chrétiens américains n'est guère probant. En effet les contextes sont tout ce qu'il y a de plus différents et la base de "penser le monde" n'est pas sur la même longueur d'onde. Dans l'un le "je" peut exister même s'il est brimé par une religiosité quasi monstrueuse et dans l'autre le "je" n'a aucune chance d'accéder au rang de sujet puisqu'il doit être soumis.
L'exemple pris de la Turquie et de l'Algérie me laisse également perplexe. En effet dans l'un comme dans l'autre cas il nous faut tenir compte de l'utilisation des éléments de la démocratie pour arriver aux fins souhaitées à savoir : oeuvrer pour la mise en place d'un qualifat mondial. La fin justifiant les moyens. Il est évident que les dirigeants de ces nations ne sont pas à mettre sur le même pied d'égalité que les Talibans par exemple. La Turquie a une Histoire dans laquelle l'Algérie a une place, même si cette place n'a pas été enviable. L'Algérie a une classe dirigeante formée dans les meilleurs établissements occidentaux et donc cela laisse forcément des traces. (La véritable colonisation n'est-elle pas centrée sur la formation des élites des pays aspirants à une indépendance ?)
Il n'est pas de mon propos de m'insurger sur la pratique des uns et des autres. Je l'analyse. C'est tout par contre il est hors de question que j'accepte de me laisser imposer une croyance.
Voir arriver des "partis musulmans" sur la scène politique française ne me gêne pas outre mesure. Cela ne fera que nous obliger soit à changer de République, soit à accepter les dérives confessionnelles que vous mettez en évidence chez les américains. Cela serait dommage vous ne trouvez pas. Nous devrons dire adieu à Montaigne et à tous ceux qui ont forgé cette nation dans laquelle nous vivons. C'est vrai que ce terme de Nation est aujourd'hui en perte de vitesse et qu'il nous faut le remplacer par régionalisme, par "européanisme"ou plus préoccupant "ethnicisme" des plus tendancieux.
Il semble toutefois que nous soyons assez loin des préoccupations de Monsieur Guy Sorman, mais ce n'est qu'une illusion dans la mesure ou seul l'homme dans sa croyance peut se montrer modéré ou non. L'Islam n'a pas ni à se montrer modéré ni à se montrer excessif. Mais il a sur les autres croyances, démocratie comprise, le fait d'être deux : croyance et politique. Passer d'un niveau à l'autre est un jeu d'enfant dans lequel d'aucuns excellent. Ils ont il vrai 15 siècles d'entrainement.
1051 de notre ère, Hassan se réfugie au Caire. Il organise ce que l'Histoire retiendra sous le terme de la "secte des Assassins". Spadassins qui étaient utilisés pour imposer la vraie foi : leChiisme. Dans leurs besaces étaient contenus, le crime, le suicide, le chantage, le mensonge, la fellonie, la calomnie enfin toutes les armes qui ont droit de cité aujourd'hui pourvu qu'elles soient utilisées par les bonnes personnes

Ecrit par : Albignac Pierre Jean | 03.09.2006

Pierre-Jean,

En fait, toute la difficulté de la question vient de là, je crois: L'Islam peut-il se séparer du politique. La scission n'est pas faite et encore moins en passe de l'être. Maintenant j'aime assez cette citation de Rached Ghannouchi (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rached_Ghannouchi), recueillie par François Burgat (chercheur à l'IREMAM) pour son ouvrage l'Islamisme en face (ed. La découverte): "La démocratie est simplement un mode d'organisation pacifique des luttes politiques et intellectuelles." Venant de ce leader politique, la chose intrigue. Islam et démocratie (donc reconnaissance de l'autre) sont-ils compatibles? Ses propos laisseraient entendre que oui.

Sur les Etats-Unis, la situation est différentes, ne serait-ce que parce que la poussée religieuse se fait sur un socle démocratique solide, ce qui n'est pas le cas dans le monde arabo-musulman où la mutation me semble être la suivante: l'indépendance a donné naissance, la plupart du temps à des régimes "forts" pour ne pas dire dictatoriaux. Quid de la prochaine étape: soit on essaie de démocratiser progressivement sans renier l'identité musulmane (c'est ce qu'essaie de faire le Maroc), soit on tombe dans une instabilité chronique: j'avoue être inquiet, pour les prochaines années, en ce qui concerne la Tunisie et l'Egypte. Le problème est là encore que tout reste à construire: "démocratie" renvoie à "Occident" donc à "ancien occupant" ou, depuis peu à "Maison Blanche" et "néocolonialisme", ce qui n'est pas des plus flatteur aujourd'hui. Là où je crains que l'Islam radical et les Faucons de la Maison Blanche aient "réussi" leur coup, c'est qu'ils ont donné sens au "choc des civilisations". Toute la question est encore aujourd'hui de savoir s'il est possible d'une façon ou d'une autre, de "renverser" la vapeur. La réponse sur la différenciation entre Islam et islamisme viendra sans doute dans les années à venir de la réussite ou non de ce challenge. L'islam radical (l'islamisme) continuera à progresser tant que l'Occident sera perçu comme "pillant" le sud, l'oppressant, s'ingérant dans ses affaires intérieures, soutenant des régimes dictatoriaux et n'acceptant pas de relève politique autre que celle qu'il soutient. Plus le temps passe, plus nous sommes perdants. C'est bien là le problème. Les islamistes l'ont d'ailleurs bien compris. les plus durs d'entre-eux encore plus et n'hésitent pas à utiliser une autre arme politique, la Umma, fédérant bien au delà des frontières. Bref, vous l'aurez compris, même si je fais une différence entre islam et islamisme, la situation actuelle n'est pas faite pour me rendre optimiste...

Christophe

Ecrit par : christophe | 03.09.2006

Christophe,

La question est en effet centrale. Elle ne nous éxonèrera pas du questionnement sur la dualité : Islam-radical Islam-modéré.
Dualité factice que nous avons créé pour les besoins de l'analyse à court terme. Elle suppose que l'Islam pourrait être deux (ou plusieurs) ce qui ne peut être sans porter atteinte à l'intégrité du Coran et plus avant à la pertinence de la parole de Dieu. Le chisme qui couve depuis plusieurs siècles éclaterait au grand jour.(Il décuplerait les évènements que nous voyons en Irak et au Liban). A terme c'est la condamnation de l'Islam en tant que compilation d'idées sur le monde.
Cette dualité, nous les démocrates,habitués à penser en fonction de la séparation des pouvoirs, nous l'avons dis-je créée. Pourquoi ? Certes par habitude (et paresse) de penser le monde avec des modèles surannés et des grilles rendues inopérantes par l'évolution du contexte, mais également et surtout pour faire taire ce que vous appelez le "pillage du sud".
Rester sur ce schéma, c'est pour moi, passer à coté d'une réalité qui met en évidence deux faits :
- la montée d'une classe moyenne avide de pouvoir et de reconnaissance, dans les pays "islamisés" dont les éléments structurels de pilotages ( les dirigeants) ont été formés et nourris aux savoirs de l'occident. Donc à même de saisir la différence des deux mondes.
- le recrutement à l'intérieur de cette classe de TOUS LES ACTEURS DE TOUS LES ATTENTATS attribués à l'Islam radical.
Penser donc l'action "terroriste" comme réponse à une revendication adresséeà un oppresseur par un opprimé ne résiste pas à l'analyse des faits et encore moins à celle des idées conductrices de ces mouvements.
Ce courant de pensée, existant en force en France et en Europe, repose sur la culpabilité d'avoir un temps, été dans l'Histoire des puissances coloniales. Au delà des inepties que nous voyons surgir de la part d'individus en manque d'identité et de repère individuels, c'est sur cet engramme que repose la jonction entre l'Etrême gauche, le tiers mondisme, le caritatisme, le "pace en love" et l'islamisme. Tous les courants dont les acteurs pensent lutter contre la "mondialisation" en occultant le fait qu'ils n'agissent que dans le domaine de deux "tares" idéelles que sont l'anti-américanisme et son petit frère l'antisémitisme.
Dans un monde d'idées dites "démocratiques" de telles formes de penser le monde ne devraient exister. Il n'est pas nécessaire d'être anti pour ne pas apprécier de telle ou telle politique et la combattre. L'idée est une chose que vous semblez maitriser et il ne me viendrait pas à l'esprit de faire l'amalgame entre vous, vos idées et vos pratiques.

Etre contre c'est parfois, sinon toujours être très proche. Nous devons peut-être voir ici la cause de toutes les défaites des Révolutions passées qui n'ont fait que répéter l'ancien existant.

Demain est certes à inventer mais cela ne sera pas sans l'invention de nous - mêmes. Un sacré challenge !

Ecrit par : Albignac Pierre Jean | 04.09.2006

Jean-Pierre,

Je ne vous ai pas oublié. J'essaie juste de sortir la tête de l'eau sur deux droits commandes presse à rendre (urgemment). Et vu que votre commentaire mérite plus que deux ligne vites rédigées... Bref, je reviens bientôt vers vous ;-)

Christophe

Ecrit par : christophe | 06.09.2006

Bonjour,
c'est moi qui a realisé ce reportage merci de l'avoi rdiffusé.
comment te contacter?

Ecrit par : dido | 07.09.2006

Dido,

De rien. Pour le contact c'est fait :-) (bon, Dido comprendra...)

Christophe

Ecrit par : christophe | 07.09.2006

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