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05.09.2006

BLOG ET POLITIQUE : AU-DELA DES MOTS (I)

Le week-end avait bien débuté. Les troupes de l’UMP et de l’UDF se mettaient en ordre de bataille. Attendaient leurs chefs respectifs : Nicolas Sarkozy, à droite, François Bayrou, au centre. A chacun son université d’été. L’une à Marseille, l’autre à la Grande Motte. Tout semblait donc bien ordonné. Et voilà, pif, paf, poum. Microséisme dans les mondes journalistique et politique. D’un coup, tout le monde se rend compte que les deux partis se sont fait un point d’honneur à inviter (tous frais payés pour l’UMP, simplement l’hébergement pour l’UDF) des blogueurs. Fini le temps des universités d’été version Spring break aseptisé. La politique entre dans l’ère du virtuel et de la communication de masse. «Je ne peux encore certifier les chiffres mais il ne me surprendrait pas que l’audience (mensuelle) cumulée des dix blogueurs invités par l’UMP atteigne le million de visiteurs uniques» me lâchait avant-hier par téléphone Loïc Lemeur, directeur général Europe de Six Apart et membre de la petite troupe.


Un million donc. Rien que ça ! Sachant que sur ce million, on peut estimer qu’au moins 10% des lecteurs enverront la note de A à B, qui la transmettra à C… la force de frappe médiatique potentielle pourrait ne pas être sans conséquences en cas de connivence future entre blogueurs et politiques. En cas de second tour des présidentielles à couteaux tirés… A ceci près, nuance Loïc, que « les blogueurs sont de grands garçons (ou filles) ». Un sentiment pour l’heure majoritaire, retrouvé sur de nombreux blogs de participants comme celui de Vinvin, accrédité à l’UMP : « Vais-je les laisser longtemps exploiter ma bonne humeur pour accompagner le petit Nicolas vers les sommets ? Au contraire, vais-je, à ma façon, sortir par la grande porte en assassinant mes hôtes, dans une ultime preuve de ma liberté de blogueur indiscipliné ? Arrgghhhh... » Avec humour et recul, Vinvin tranche dans le vif. Montre à ses lecteurs et invitants qu’il n’est pas dupe. Que la petite phrase que Sarkozy lui lâcha quelques heures plus tôt – « J’ai besoin de vous » - lorsqu’il lui demanda, caméra à la main, « un petit mot pour les blogueurs », avait été bien comprise, le sous-entendu – lourd de sens – inclus.

Les blogueurs semblent avoir compris cela : compris qu’ils pourraient peut-être – qu’ils le veuillent ou non -, par leur audience et le lien de confiance qu’ils ont su tisser avec leurs lecteurs, être amenés à jouer un rôle d’arbitre électoral. Au printemps prochain. Là, juste entre deux tours. Les états-majors de campagne le savent tout autant. Penser l’inverse serait leur faire insulte. « Tous les partis ont aujourd’hui compris l’importance que peuvent revêtir les blogs dans leur stratégie de communication, que celle-ci s’adresse aux militants ou au grand public, me confirme Philippe Pinault, blogueur invité par l’UDF et dirigeant de la plateforme Blogspirit. Les blogs sont des médias de proximité et peuvent faire office de permanence électorale ouverte 24h/24 ». Alors pourquoi tant insister sur la présence de blogueurs si nul n’est dupe ?

Cette question me taraude encore. Non pas que leur présence me dérange. Bien au contraire. Les journalistes ont beaucoup à apprendre d’eux. L’inverse est également vrai. Au cours de ce week-end, quel que soit le « camp » choisi, les blogueurs – tous le confirment – ont par ailleurs été libres d’écrire ce qu’ils voulaient. Aucune pression n’a été exercée sur eux. Pas même sur les blogueurs encartés à gauche. Alors quoi ? Où serait le problème. Là, dans cette question : pourquoi tant à l’UDF qu’à l’UMP, les responsables en communication ont-ils tant insisté sur la différenciation entre le journaliste dit « objectif », dont le devoir serait de se contenter de livrer des faits et de ne surtout pas donner son avis, et le blogueur dit « subjectif », dont on attendrait qu’il apporte un autre regard – le sien - sur la campagne ? L’interrogation peut faire sourire mais elle s’inscrit dans un contexte où nombreux sont, dans la population, ceux qui clament « journalistes, politiques, tous pourris ». Et puis il y a cette petite phrase, qui n’a a priori l’air de rien, que m’a confiée depuis Paris Frédéric Lefebvre-Naré, conseiller de François Bayrou : « Internet est un levier permettant d’instaurer la démocratie en France ». Attention, pas de « réinstaurer ». « D’instaurer ». La nuance est de taille. Elle insinue qu’avant Internet, qu’avant les blogueurs, lorsqu’il n’y avait que des journalistes pour se faire l’écho de la vie politique, la démocratie n’existait pas. Délire obsessionnel, mauvaise compréhension de ma part ? J’avoue hésiter. Mais remis en parallèle avec le discours de clôture du leader de l’UDF, la formule m’intrigue encore un peu plus : « Eh bien il faut aujourd’hui une autre séparation des pouvoirs : il faut séparer la politique de l’économique et l'économique qui tient le médiatique ». Une formule toute faite, que de nombreuses personnes partageront sans doute. Mais qui, étrangement, en tant que citoyen, journaliste, blogueur et démocrate, m’interpelle plus qu’elle ne devrait me rassurer …

Vendredi: Blog et politique: Au-delà des mots II

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BLOG ET POLITIQUE : AU-DELA DES MOTS (I)

Le week-end avait bien débuté. Les troupes de l’UMP et de l’UDF se mettaient en ordre de bataille. Attendaient leurs chefs respectifs : Nicolas Sarkozy, à droite, François Bayrou, au centre. A chacun son université d’été. L’une à Marseille, l’autre à l...

Trackback par : EUROPEUS | 05.09.2006

BLOG ET POLITIQUE : AU-DELA DES MOTS (II)

Par CHRISTOPHE NONNENMACHER / 55e Faubourg Saint-Honoré n°5, Le Républicain - Mali) Mardi. Discussion téléphonique avec John Paul Lepers, blogueur et ancien reporter politique pour Canal Plus. Une question simple : son point de vue sur la présence des ...

Trackback par : EUROPEUS | 08.09.2006

Commentaires

La bonne chose dans les blogs, c'est la liberté de commenter, donc aussi de préciser son propos !

"avant Internet, qu’avant les blogueurs, lorsqu’il n’y avait que des journalistes pour se faire l’écho de la vie politique, la démocratie n’existait pas. Délire obsessionnel, mauvaise compréhension de ma part ?"

En tout cas, ce n'est pas le sens de mon propos !

L'UDF en général, et François Bayrou en particulier, estiment que la France fonctionne comme un "ancien régime" oligarchique, où la succession électorale UMP_PS ne fait que masquer la détention constante du pouvoir par un même milieu très restreint (ce n'est pas une thèse très originale : J.-F. Kahn dit la même chose à longueur de colonnes, R-G Schwartzenberg vient de consacrer un livre à cette idée, etc.)

La France contraste sur ce plan avec tous ses voisins ouest-européens. Elle est le seul pays où la démocratie soit aussi boiteuse.

Comment cela peut-il changer ? Par de nouvelles institutions certes (projet de "VIème République"), mais aussi, surtout, d'abord, par la mobilisation des citoyens qui réclameraient leur droit à participer, à être entendus. Et internet est un outil, un levier pour cela. Il ne "permettra" pas à lui tout seul la démocratie, loin de là, mais il peut y contribuer si les citoyen(ne)s s'en emparent.

Cf. ce bon vieux "clue train manifesto".

Ecrit par : Frédéric Lefebvre-Naré | 05.09.2006

Frédéric,

Ma volonté n’était pas de détourner tes propos. Bien au contraire, la retranscription en étant, comme tu le sais, d'ailleurs fidèle. Toi-même m’as repris en insistant sur le besoin d’écrire « instaurer » et non « réinstaurer » :

Je reprends ici le paragraphe pour faciliter la lecture du commentaire:
Et puis il y a cette petite phrase, qui n’a a priori l’air de rien, que m’a confiée depuis Paris Frédéric Lefebvre-Naré, conseiller de François Bayrou : « Internet est un levier permettant d’instaurer la démocratie en France ». Attention, pas de « réinstaurer ». « D’instaurer ». La nuance est de taille. Elle insinue qu’avant Internet, qu’avant les blogueurs, lorsqu’il n’y avait que des journalistes pour se faire l’écho de la vie politique, la démocratie n’existait pas. Délire obsessionnel, mauvaise compréhension de ma part ? J’avoue hésiter.

Tu avoueras tout de même que le sens n’est pas le même. C’est vrai, lors de notre conversation, je n’y ai que peu prêter attention et puis, les heures passant, cette distinction a commencé à me tracasser. Pourquoi tant insister là-dessu? Je comprends la volonté de Bayrou de rompre avec les 25 dernières années. La rupture est d’ailleurs au cœur de tous les programmes, genre «aujourd’hui est un monde nouveau, nous devons réinventer l’art de faire de la politique ». Sarkozy est d’ailleurs sans doute le meilleur dans cet exercice. Quant au PS, s’il y a volonté de rupture affichée, au moins du côté de Ségolène, on peine encore à voir en quoi elle consiste, sinon, qu’eux aussi veulent une sixième république.

Fait amusant, et pour l’andecdote, le premier à avoir fait campagne sur le thème de la VIème, était Jean-Marie Le Pen, dans les années 80. Rassure-toi, je n’essaie pas de faire d’amalgame. Mais avoue qu’il est amusant de voir qu’il y a 20 ans tout le monde s’en indignait et qu’aujourd’hui (généralement les mêmes) trouvent absolument essentiel de passer au numéro 6. (Nicolas - http://www.nuesblog.com/ -, si tu revois notre châtelain, peut-être serait-ce « intéressant» de lui poser la question). Pourquoi la VIème serait-elle meilleure que la cinquième ? Je n’en sais rien : On a fait la IV, parce que la III ne convenait plus, puis la V parce que la IV était source de trop de tracas parlementaires… Cela ressemble de mon point de vue assez au marché du jeu vidéo, genre Final Fantasy, VIII,IX,X,XI, avec toujours plus d’options…

Maintenant pourquoi pas : mais veut-on vraiment donner une plus grande place aujourd’hui au parlementarisme parce que plus démocratique, plus représentatif, ou, paradoxalement, pour sauver la Vème : Imagine, mais tous les responsables politiques l’ont sûrement déjà fait, quid si Le Pen gagne les présidentielles. Quid, s’il gagne ensuite les législatives ? Dans un système majoritaire, il est vrai qu’on est plutôt mal barré… Mon sentiment, mais là aussi peut-être me trompe-je, cela sent encore une fois le calcul (plutôt intelligent, je dois l’avouer).

Pour en revenir aux blogueurs - l’objet de cette chronique - qu’ils soient invités me semble être une bonne chose, à plusieurs niveaux, dont deux principaux peut-être :
1/ ils apportent un petit vent de fraîcheur journalistique, un nouveau ton, dans l’univers de cette presse que l’on dit morose parce qu’honnêtement très chiante à lire, à quelques exceptions près. Je ne parle même pas de la télévision : cf le post « interview plante verte » (http://55efaubourgsainthonore.blogspirit.com/archive/2006/08/27/claire-chazal-francois-hollande-interview-plante-verte.html). Mais bon, là est un autre débat.
2/ Les blogueurs sont-ils des journalistes ? Vaste question déjà commentée (http://55efaubourgsainthonore.blogspirit.com/archive/2006/09/04/blog-journalisme-politique.html) mais qui selon moi pourrait avoir pour conclusion celle-ci : un cercle intermédiaire se créera entre les deux : les journalistes-blogueurs ou blogueurs-journalistes. Si l’invitation faite par les partis à des blogueurs peut encourager ce mouvement, cela me paraît positif. Comme tu l’a souligné « La bonne chose dans les blogs, c'est la liberté de commenter, donc aussi de préciser son propos ! ». Cette liberté est peut-être la plus grande force des blogs et un atout indéniable sur les autres médias. Un atout tant en terme de proximité avec le lecteur que de débat démocratique.

Maintenant, l’invitation faite aux blogueurs (même si cela resterait, de ce que j’ai compris de notre discussion, moins ancré à l’UDF) teint aussi d’une stratégie de communication politique. Et c’est là que la chose commence à me travailler. Je ne doute en rien de la bonne foi des blogueurs invités. Pour la plupart, je trouve d’ailleurs que ce qu’ils ont publié est plutôt bon et intéressant, surtout quand on sait que pour la majorité d’entre eux il s’agissait de leur première couverture d’un événement politique. Non, ce qui me perturbe est cet espèce de refrain relayé tout au long du week-end, notamment par les personnes en charge de la communication politique des partis hôtes, notamment Thierry Solere, à l’UMP, qui jouait le rôle d’interface avec les blogueurs : un blogueur n’est pas un journaliste. Ce qu’on lui demande est d’apporter un regard subjectif, etc.. Encore une fois, cela n’a a priori rien de dérangeant. Mais à l’heure où l’on entend communément journaliste = politique = pourri, je m’interroge. Les blogueurs par le lien qu’ils ont su créer avec leurs lecteurs ont, il est vrai, une cote de confiance sur Internet supérieure à beaucoup d’observateurs professionnels.

Question, qui vaut sans doute plus pour l’UMP ou le PS que pour l’UDF (maintenant pourquoi pas un François Bayrou au second tour mais j’avoue quand même en douter): en cas de scrutin serré et en période d’analyse des programmes à qui fera-t-on le plus confiance : à un journaliste jugé populairement « pourri » ou à un blogueur que l’on a pris soin, des mois durant, de différencier du journaliste ? Cela ne met nullement en cause l’honnêteté des blogueurs, c’est juste une question. Importante car elle pourrait bouleverser beaucoup de choses sur son passage, notamment laisser supposer que l’on pourrait se fier plus à l’affectif « blogosphérique » qu’à l’analyse journalistique ?

Sur le plan journalistique (en terme de profession) ce débat est riche en questionnements. Cela n’est pas néfaste, bien au contraire. Il est amusant déjà d’entendre parler de « cinquième pouvoir de la blogosphère ». Tel que je l’entends, le journalisme n’est pas un pouvoir. Tout au plus est-il celui que le monde politique a bien voulu lui donner. Le Washington Post n’a pas été crée pour « flinguer » Nixon. Juste pour informer. Et les dérives de l’équipe présidentielle étaient une information. Le pouvoir n’est pas tant celui des journalistes mais de l’opinion publique. Si celle-ci juge que cette information est sans valeur, l’affaire fait « plouf », point final. Prends par exemple l’affaire Legwinski : une telle affaire aurait-elle eu une telle ampleur en France ? Sans doute non. Au pire, tout le monde se serait bien marré.

Plus brièvement, après avoir fait du journalisme un pouvoir contre lequel on s’insurge aujourd’hui, l’impression donné est qu’il existe une possibilité de faire de la blogosphère un autre pouvoir, sorte de contre-pouvoir journalistique, qui pourrait avoir un jour son utilité politique. Maintenant il est bien trop tôt pour avoir une opinion toute faite là-dessus. L’attitude des blogueurs invités est d’ailleurs assez exemplaire, ceux-ci donnant l’impression de bien réaliser les enjeux potentiels de la chose. Maintenant, peut-être que je fais totalement fausse route. J’avoue n’être sûr de rien sur ce sujet. D’où une chronqiue se contentant de poser des questions et non d’y apporter des réponses que je n’ai pas et qui ne viendront qu’avec le temps. Sur ce point, la campagne présidentielle s’annonce passionnante.

Christophe

Ecrit par : christophe | 05.09.2006

Merci pour cette longue réponse ; je ne déments pas les propos que vous me prêtez ; je démens avoir insinué (ou même pensé même de très loin) que le journalisme serait en quelque façon contraire à la démocratie. La nuance entre "réinstaurer" et "instaurer" n'a rien à voir avec cette assertion. François Bayrou a affirmé "la VIème République sera en vérité la 1ère démocratie" dans son discours de clôture du colloque sur les Institutions, où il n'était nullement question des journalistes.

Alors oui, internet est un levier pour instaurer une démocratie en France, et oui, le journalisme en est un également, et il y en a beaucoup d'autres qui ne demandent qu'à être mobilisés par les citoyens (mouvements de consommateurs, débat public, Parlement, etc.) !

Ecrit par : Frédéric Lefebvre-Naré | 05.09.2006

Frédéric,

Mettons que j'ai mal compris. Je vous l'accorde. Maintenant, j'ai du mal à vous suivre quand vous dites: "dans son discours de clôture du colloque sur les Institutions, où il n'était nullement question des journalistes."

Je vous redonne un extrait pour mémoire: cela vient d'ici: http://www.udf.org/discours/bayrou_ue2006_020906.html ;-)


"Le combat sera âpre, d’abord parce que le déséquilibre des moyens est spectaculaire.

Je ne parle pas seulement des moyens financiers, c'est déjà beaucoup, puisque par rapport aux deux partis dominants et minoritaires, le rapport de nos moyens est de un à huit avec l'un, de un à dix avec l'autre.

Il y a plus grave et plus profond.

Je parle de l’influence. Je parle de l’orchestration. Je parle de l’organisation qu'on ne voit pas vraiment, d'un enchaînement subtil en quatre temps, télévision-sondages-médias-et retélévision.

Il a suffi d'assister à l'été médiatique des deux dominants-minoritaires pour comprendre comment ça marche. Il dépend des Français qu'ils le comprennent. Les minutes de télévision font les sondages, les sondages font les médias qui justifient à leur tour que vous repassiez à la télévision. Et ainsi la mécanique apparaît impossible à contredire.

Et cela qui paraît déjà préoccupant, ne le serait pas tout à fait autant si ne se mêlait à ce système quelque chose de plus préoccupant encore : le lien d’intimité et d’intérêt entre ces puissances et le pouvoir, actuel ou futur.

Imaginons, en effet, je vais prendre une hypothèse totalement absurde, que de grands groupes de médias soient liés à de grands groupes industriels qui aient avec l’État des rapports de client à fournisseur…

Il paraît que cela se produit dans certains pays. Je lisais dans un grand journal du matin, qui s’en émouvait à juste raison en disant que la démocratie est en péril, que cela se produit non loin de nous, sur notre continent… en Russie.

Alors - on est toujours bien entendu dans l’imagination - quelque chose d’autre peut traverser la tête de ceux qui seraient dans ce type d’influence. Alors la tentation peut être grande d’assurer le destin en présélectionnant non pas comme en 1995 un candidat (c'était d'ailleurs le nôtre, ce qui nous arrangeait), mais deux favoris, un dans chaque camp, en les protégeant d’étoiles bienfaisantes. De former la boule de neige qui va rouler, rouler, jusqu’à la première page des magazines, pour illustrer les jolis maillots de bains de l'été…

Disons que c’est plus facile pour la suite. Ça s’appelle "assurance tout risques".

Eh bien je pense qu’il y a là quelque chose de risqué pour la démocratie de l’avenir.

Cela est pour moi un sujet de préoccupation.

Nicolas Sarkozy assume publiquement cette proximité, et même cette intimité avec les détenteurs de ces immenses puissances, de ces forces de frappe industrielles et médiatiques qui jouent un si grand rôle dans la formation de l’opinion.

Mais la gauche connivente, dite « caviar » a fait de même pendant très longtemps, même si c’est plus discrètement.

Berlusconi en a fait la clé de sa puissance, sans même, lui, avoir à s’embarrasser d’intermédiaires. Mais faites attention : le même Berlusconi a prouvé lors des élections italiennes que la force de ces organisations était immense, pour à une poignée de voix, lui garantir la victoire, alors qu'il était en situation de rejet profond.

J’ai une approche toute différente de celle de Nicolas Sarkozy, de Berlusconi, et de la gauche connivente.

Je pense qu’il est de la plus haute importance, pour la démocratie, pour la République, de mettre de la distance entre le pouvoir et les puissances d’argent, financières et médiatiques.

Au XVIIIème siècle, Montesquieu a théorisé la séparation des pouvoirs, à l’intérieur du politique. Il a dit : il y a l’exécutif, le législatif, le judiciaire, à l'intérieur. Dieu sait qu'en France cette séparation n’est pas achevée.

Puis la France a choisi, avec mon camarade Henri IV d'abord, avec l’édit de Nantes, puis les grands combats de la laïcité, nous avons choisi de séparer l’État de la religion.

Eh bien il faut aujourd’hui une autre séparation des pouvoirs : il faut séparer la politique de l’économique et l'économique qui tient le médiatique.

Il faut que le citoyen (parce qu'il ne s'agit pas de nous dans cette affaire, ou très accessoirement) il faut que le citoyen ait la certitude, que le pouvoir politique n’est engagé dans aucune autre solidarité que celle qu’il doit à ceux qui l'ont délégué pour exercer la fonction de responsabilité, à ses concitoyens.

Je proposerai dans mon programme de campagne que cette garantie de séparation soit apportée par la loi.

Naturellement, il faut du capital aux entreprises de presse. Mais ces intérêts doivent être indépendants de l’État, comme c’est le cas dans toutes les grandes démocraties de la planète.

Alors je ne suis pas tout à fait dans l’ignorance de ce qu’une telle affirmation fait courir comme risque, médiatique en tout cas, en France en 2006, à quelqu'un qui souhaite être candidat à l'élection présidentielle."

Maintenant, je suis peut-être une exception car ne travaillant pas uniquement pour la presse française, mais aucun de mes articles n'à à ce jour été censuré. Tout au plus m'a-t-on demandé de les "blinder". Mais cela fait partie des règles du métier. Je ne dis pas que je n'ai jamais eu de pressions (cela m'est arrivé, notamment au plan local), genre si tu publies cela, tu vas voir ce que tu vas voir". Bon au final, ça a été publié, avec le soutien de mon rédacteur en chef. Grosse colère de Gricheux (par un industriel mais un élu. Aussi un directeur de cabinet) et puis, les faits relatés étant exacts et vérifiés, la vie reprend son cours. Maintenant, c'est vrai, je n'ai jamais travaillé en presse télévisée. ;-)

Christophe

Ecrit par : christophe | 05.09.2006

Fred (bis)

"mais aucun de mes articles n'à à ce jour été censuré". En fait si: pendant trois quatre mois j'ai pigé pour un journal municipal. Peu enthousiaste à cette idée au départ on m'a expliqué que je n'avait pas à m'inquiéter, mon travail consistant à expliquer le fonctionnement de l'Europe aux citoyens. A leur donner mon "expertise" de journaliste européen. Naïvement, et connaissant ma possible rédactrice en chef qui n'avait rien d'une militante et m'assurait mon indépendance sur les questions européennes, j'ai dis ok. Pourquoi pas. Assez rapidement on me commanda un papier sur l'élargissement, présentant les différents pays candidats. Forcément, j'y ai expliqué que Chypre était divisée en deux et que cela suscitait quelques interrogations légitimes. L'article fut pour le coup censuré. Ce fut le début de la fin ne notre collaboration.

Christophe

Ecrit par : christophe | 05.09.2006

Suite à la réponse concernant F Bayrou et son discours. Il y a nouvelle incompréhension ...

L'idée d'instaurer la démocratie et la notion de "première démocratie", que je vous ai citées au téléphone et sur le commentaire précédent, viennent du discours de François Bayrou au colloque UDF sur les institutions (comme je l'ai indiqué dans mon commentaire), il y a huit mois. Le rôle de la presse n'y était pas évoqué. Je vous rappelais ce fait pour établir que cette idée "d'instaurer la démocratie" ne peut en aucun cas être considérée comme une insinuation anti-journalistes.

Vous citez les propos récents de F. Bayrou estimant qu'il y a - également - menace contre la démocratie quand des grands fournisseurs de l'Etat sont propriétaires de grands médias, donc en mesure d'influencer la perception que les électeurs ont du débat politique. Ce n'est pas - non plus - une attaque contre les journalistes.

Cela n'a rien à voir avec un risque de censure, que vous êtes ici le premier à aborder (je veux dire, ni F. Bayrou ni moi-même n'en avons parlé). Ce qui est en cause (très explicitement dans les propos de F. Bayrou) est la couverture accordée à chaque parti ou personne, couverture qui influe sur leur visibilité pour le public, donc sur les sondages,

Prenons le cas de son interview par Claire Chazal semedi soir 2 septembre. Mme Chazal lui a répondu, sous la forme d'une mise au point affirmative et non d'une question, que TF1 était irréprochable (je n'ai pas réussi à réécouter l'itw sur le site de TF1 et je ne citerai donc pas entre guillemets), ceci étant contrôlé par le CSA. Ce qui est absolument faux : le CSA contrôle simplement le fait que majorité, opposition et gouvernement ont un temps de parole équivalent, toutes heures de la journée confondues. C'est peut être une très bonne règle, mais elle ne contredit nullement les assertions de M. Bayrou puisque cette règle permettrait à TF1 d'accorder 2/3 de son temps d'audience à M. Sarkozy (membre du gouvernement et président de l'UMP) et 1/3 à Mme Royal (opposition), 0 pour les autres.

Pour revenir à la question du départ, je reste très étonné que vous ayez pu prendre mon affirmation sur la nécessité en France d'une démocratie, selon l'UDF, et le rôle de levier que peut jouer internet pour y parvenir, comme une insinuation contre la profession des journalistes !

Ecrit par : Frédéric Lefebvre-Naré | 06.09.2006

oups, phrase non terminée ci-dessus :

"donc sur les sondages, donc sur la couverture TV, et ainsi de suite."

Ecrit par : Frédéric Lefebvre-Naré | 06.09.2006

Frédéric,

Désolé déjà pour cette réponse tardive. Comme je vous l'ai déjà dis plus haut, je n'essaie pas d'apporter un jugement tout fait. Simplement de comprendre. C'est déjà assez compliqué comme cela. Et ne vise pas que l'UDF. De mon point de vue, quelque chose d'assez fabuleux est en train de se produire en terme de couveture journalistique et de débat politique sur le web, mais des risques existent aussi. Ceux-là m'interpellent. Je m'interroge, c'est tout. Après on peut être d'accord ou non. Mais sur votre dernier commentaire je ne porterai pas de jugement sur le traitement de l'actualité par TF1. Peut-être n'est-ce pas un simple hasard si de plus en plus de gens vont chercher l'information ailleurs ;-) L'interview de Hollande, par Clair Chazal n'était pas beaucoup meilleure...

Sur le rapport des grands groupes de presse avec l'Etat, ce n'est peut-être pas une attaque directe contre le métier de journaliste. Mais des journalistes sont employés par ces grands groupes médias. Cela sous-entend (au moins pour de nombreuses personnes) que ces mêmes personnes sont à la botte de l'Etat, de Sarkozy, ou des milieux financiers. Disons que je trouve le raccourcis un peu facile. Mais bon, je prends note de votre commentaire.

Lors de notre premier échange sur ce blog, vous m'écriviez que "la bonne chose dans les blogs, c'est la liberté de commenter, donc aussi de préciser son propos". C'est avant tout ce que j'ai envie de retenir ici (et qui à mon avis manque aux médias traditionnels). A une autre époque, jamais nous n'aurions pu poursuivre cette discussion en public? C'eut été dommage. Pour deux raisons: parce qu'en ce sens le blog favorise le débat politique transparent (on ne choisit pas - sur ce blog au moins - les commentaires que l'on souhaite rendre public: ils le sont, tout simplement) à la différence, anciennement, d'un courrier des lecteurs où très souvent on ne publiait que les choses qui allaient dans le sens du média; ensuite, parce que ce débat permet (au moins en ce qui me concerne) d'avancer dans ma réflexion, de voir les choses peut-être différemment. Je vous l'ai dit, je n'ai aucune certitude, juste des interrogations sur le rapport entre blogs, journalisme et politique. Nombreuses :-)

Bonne journée,

Christophe

Ecrit par : christophe | 06.09.2006

Pareillement !... Fr. L.-N.

Ecrit par : Frédéric Lefebvre-Naré | 06.09.2006

J'étais été faire un tour sur le site de l'UDF et que trouve-je?
Un discours digne des faucons américains ! par Monsieur Bayrou qui propose en passant une sizième république avec une mèche déjà entamé par Montebourg de façon plus crédible.
Que ne serait on pas prêt pour devenir président ou premier ministre.
Pour en revenir au problème de faucon américain, il appelle à une europe militaire! intervention en iran (le peuple iranien souffre de son gouvernement mais quant au côté nazi /armement c'est du pipo encore (comme pour la guerre en Iraq : monsieur était pour) ... encore la même manipulation) pour intervenir et mettre une économie complètement down dans l'intérêt de l'europe... c'est la politique qu'ont décidé d'avoir les américains et les européens en pillant comme ils l'ont fait en afrique... le liban c'est la même chose! on parle de conflit entre deux camps lorsque 100 kidnaps israéliens sont vengés par 10 kidnaps arabes : conclusion ils tuent des milliers de civils en représailles! qu'en pense monsieur ? il faut une europe aussi décisionnaire que les usa. et puis pour ne pas trop froisser les populations musulmanes une petite touche de palestine (le discours bateau évidemment! un état ok ! je l'ai dit ! tu as vu! je l'ai dit!(je dis : bravo!)).

bonne chance quand même

ps: d'un côté j'aime bien monsieur bayrou pour plusieurs autres raisons . je trouve triste , en parlant de journalisme, que son image soit aussi dégradée par les guignols (des journalistes des temps modernes pour spectateurs des temps modernes?) mais aussi par son manque de charisme... il ne passe pas ;) (c'est mon avis)

ps2: comme d'hab je dois dire mon oncle est juif et ma belle famille (origine iranienne) est majoritairement aux usa. Ca semble être obligatoire sinon on passe pour un terroriste , un intégriste..... oups j'ai oublié un nazi (c'est le nouveau mot)

Ecrit par : Fred l'autre ;) | 07.09.2006

D'abord, pour Fred l'autre: il n'a manifestement pas lu le texte dont il parle (référence http://udf.org/index.html pour ceux qui veulent juger) qui ne demande nulle part une intervention en Iran comme d'ailleurs aucun des textes de François Bayrou. Cependant il est exact que François Bayrou estime que l'Iran est une menace, et que l'acquisition d'un armement nucléaire par lui en est une autre, compte tenu de ses dirigeants actuels, et je ne crois pas cela très contestable. Quant à former une Europe de la défense, c'est sa conviction depuis longtemps qu'elle est nécessaire, et non pas pour coloniser le monde (!!) mais bien pour assurer la paix dans le monde, et je vous rappelle que tous les soldats de l'ONU qui s'interposent un peu partout viennent d'armées eux aussi.

Ecrit par : Cratyle | 09.09.2006

Christophe, je trouve votre approche curieuse, comme si vous n'étiez pas rassuré par la possibilité d'une nouvelle liberté donnée au peuple à travers les blogs, et ses conséquences sur leur volonté de prendre part aux décisions autrement.
Un bon exemple: la Dadvsi où les décisions ont été prises par des députés et sénateurs dont la grande majorité n'a rien compris aux enjeux, et où les compétences étaient presque toutes extérieures au parlement, ce qui montre bien que la démocratie participative n'est pas seulement un besoin du peuple mais aussi une nécessité de tous les jours pour les représentants, et pas seulement avec les syndicats en matière sociale.
Or les blogs ont libéré l'expression des personnes compétentes dans différents domaines et ont permis de saisir un espace démocratique que la société attendait, qu'il faudra maintenant articuler à la représentation aussi bien qu'aux média. Tant mieux.
Ils se peut que les blogs soient très influents dans l'élection, comme pour le référendum? Tant mieux. Je crois les lecteurs internautes assez avertis pour fuir les plateformes de blogs dépendants de l'UMP et du PS et aller voir ailleurs. Par contre, Agoravox et autres disposeront d'un important pouvoir d'influence et il leur faudra être particulièrement rigoureux sur les articles acceptés.
Au passage: ce ne sont pas les responsables de la communication à l'UDF qui ont choisi les blogueurs, contrairement à l'UMP, et nous avons invité exclusivement des blogueurs d'autres partis, tandis qu'à l'UMP, ben...
Deux points qui mériteraient débat: dire que le journalisme est là pour informer, c'est théoriquement acceptable, mais pratiquement très contestable aujourd'hui; quant aux blogs, les plus influents ont de bonnes chances d'être ceux dont on aura pu éprouver la fiabilité et non forcément les plus visités, heureusement, mais les blogs n'auront d'influence que sur la part de la population qui y aura goûté et se sera, par comparaison, dégoûtée de ce qu'on lui propose d'autre.
Et tant pis pour les journalistes qui ne sont plus que des rédacteurs à partir des dépêches AFP. Ce n'est pas d'eux dont nous avons besoin dans notre société.

Ecrit par : Cratyle | 09.09.2006

En réponse à Cratyle,

1/ j'aurais eu du mal à parler du texte si je ne l'avais pas lu.

2/ il semble que ce soit devenu une plateforme udf ici

3/ monsieur bayrou était pour la guerre en iraq et les mensonges ne l'ont pas dérangé

4/ monsieur bayrou et son texte... et mes critiques :
"La France a un lien avec les trois protagonistes du conflit : un lien avec Israël, un lien fort, impossible à briser. La France a un lien avec le peuple palestinien. Et la France a un lien avec le Liban, celui-là aussi impossible à oublier, impossible à éluder."
lien fort avec israel, le lien avec le liban..à éluder? ;), le lien avec la palestine quand on laisse tsahal librement enlever les membres d'un gouvernement élu démocratiquement! et quand un enlèvement de soldats (oui soldats ) est considérée comme un acte d'une extrême gravité. Qui peut comprendre? des soldats tués enlevés çà arrive fréquemment. ce ne sont pas de civils . ils occupent et tsahal est un danger pour la diplomatie

"La France qui dépasse les aléas de la politique, veut l’existence, la paix et la sécurité d’Israël !
La France voit un lien entre l’existence, la paix, la sécurité d’Israël avec l’équilibre du monde."
oui certes moi aussi beaucoup de monde aussi et il est triste que certaines personnalités au liban ou palestine ne le veulent pas par haine et esprit de revanche
Néanmoins avoir un discours tant centré sur Israël quand il est question de milliers de morts civils je trouve çà indécent... dans un discours sur la crise du moyen orient

"Mais parce que la France a vécu comme une blessure pour l’ensemble de l’humanité, une blessure pour le visage du monde, le sort fait pendant des siècles à ce peuple d’exilés"
oui en les exterminant! ce ne sont pas les arabes qui ont exterminé les juifs

"La France doit être solidaire de ce « plus jamais »."
on est d'accord.. même si l'attitude de monsieur bayrou et d'autres ont créé des questionnements dans la population française sur la légitimité du peuple juif en israël. encore une fois je pense que jerusalem israélien mais en liberté de pratique de culte est une bonne chose.

"Que le ministre français des Affaires étrangères se rende à l’ambassade d’Iran à Beyrouth et délivre de surcroît un brevet de respectabilité en désignant l’Iran comme « une puissance stabilisatrice dans la région » nous a paru un risque que la France n’aurait pas dû prendre."
c'est en contradiction avec ce que vous avez dit! les mensonges oh les mensonges politicards!
l'iran je vous le précise ne fournit pas d'armes pendant le conflit car comme ferait il? en traversant l'iraq? ;) voui voui voui ;)
sinon pour les discours du président c'est une honte pour les iraniens . mais malheureusement ce sont les iraniens qui souffrent de sa fausse élection! un enfer là bas mais çà vous vous en foutez ;) ok j'en parle plus

"Une question aussi lourde que la question qui fut posée à nos pères le jour du réarmement de l’Allemagne ou le jour de Munich." à proposede l'iran
ben voui! on reprend mot pour mot les termes bush! bizarre quand aux usa la majorité critique l'utilisation de ces mots je veux dire allez y comparez l'iran aux nazis sans cherche à comprendre pourquoi le discours du président: si il veut se maintenir il faut qu'il prette allégeance au discours khomeyniste! c'est débile mais c'est comme çà.
quand il y avait khatami et son courage, personne ne l'a aidé... la france n'a fait qu'utiliser khatami pour faire du business en iran! c'est tout. je peux vous donner le cas de peugeot qui a fait ses bénéfices en iran

encore une fois le problème est plus la souffrance des iraniens que les fausses menaces d'un président qui essaie de tenir en place. un pays qui n'a pas l'armement relatif de l'allemagne nazie
mais là je reconnais bien encore une fois Bayrou et ses mensonges comme pour l'Iraq

"La France devrait être celle qui propose d’utiliser la capacité diplomatique de chacun au sein d’une démarche réfléchie et travaillée en commun."
discours contradictoire: insulter et dire ensuite: "on veut parler" !?

à propos du nucléaire pourquoi la corée du nord? pourquoi la chine? (une démocratie?)
pour le pakistan? donc l'arabie saoudite (là si vous connaissiez les mentalités saoudiennes çà vous ferait peur) ... tous ces pays qui entourent l'Iran ont l'arme directement ou indirectement. tous ces pays entourés par l'armée américaine. Vous ne comprenez maintenant pas pourquoi le régime veut montrer sa force et faire du pipo pour les persuader de ne pas intervenir en Iran? De plus comme je viens de le dire, l'Iran a besoin de son influence qu'elle a beaucoup perdu au détriment des arabes et de la turquie.

Donc le discours de monsieur bayrou m'inquiète. Alors l'Europe de la défense dans la tête d'un homme hyper pro israélien, anti iranien, anti arabe (rien sur ce qui se passe en palestine) çà fait peur. Il faut un équilibre, de la diplomatie, de la force quand il faut (avant que les israéliens tuent des milliers de libanais innocents)

autre détail que bayrou a oublié: la demande du hezbollah était de libérer femmes et enfants.
çà aussi il a oublié de le mentionner

définitivement je préfère la 6ème république de montebourg. à bon entendeur salut

Ecrit par : Fred l'autre | 09.09.2006

Cratyle,

Pour mon point de vue sur le rapport blogueurs/journalistes: http://lemondecitoyen.com/2006/09/08/blog-et-politique-au-dela-des-mots-ii/#comments

En résumé, je ne suis pas contre la présence des blogueurs, bien au contraire. Mais quel que soit le parti invitant, un réel risque d'instrumentalisation existe (je pense surtout et pour le coup à l'UMP). Maintenant, cela ne tient à mon sens à la question du defraiement qui, de mon point de vue, est un faux problème comme expliqué dans les commentaires sur lesquels pointe le lien ci-dessus.

Sinon, je ne peux vous rejoindre sur cette phrase: "Et tant pis pour les journalistes qui ne sont plus que des rédacteurs à partir des dépêches AFP. Ce n'est pas d'eux dont nous avons besoin dans notre société." Si, toute société a besoin de journlsites parce que témoins d'une époque, parce que relayeur d'information. mais d'une information vérifiée, faite d'enquêtes de terrain, de prises de position (même si cela peut en choquer certains). je ne crois pas au journalisme factuel, mou. Je ne crois pas non plus aux journaux qui ne feraient pas place au débat (contradictoire), à la prise d'engagement. Au journalisme dégagé de l'humain au sens où il n'aurait plus vocation à aller à la rencontre des gens. Se contenter de recopier, jour après jour, l'AFP ou Reuters est la négation même du journalisme et la fin du pluralisme. Alors oui, on a besoin de journalistes, mais de ceux qui sortent de leurs bureaux.

Christophe

Ecrit par : christophe | 09.09.2006

Fred (l'autre) - mais pourquoi vous appelez-vous tous fred?!! Je ne sais plus à qui je parle. Je ne sais même plus s'il y en a deux ou trois :-)

Bref: de quel texte parlons-nous: je suis perdu. Help.

Christophe

Ecrit par : christophe | 09.09.2006