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27.10.2006

SOIS JEUNE ET TAIS-TOI

medium_sdf.jpgQuestion : que signifie avoir moins de trente-cinq ans France ? Etre diplômé, avoir de multiples propositions d’embauche en rapport avec ses compétences ? S’investir dans un projet professionnel prometteur, aidé de ses aînés, soucieux de passer le témoin ? Pouvoir – enfin – être totalement autonome et devenir propriétaire de son logement sans s’endetter sur trente ans et de passer les dix premières années à ne rembourser que les intérêts bancaires, histoire de ne pas se faire appeler Tanguy jusqu’aux obsèques parentales ? Et bien non. Surprise. Ca c’est la vitrine que l’on nous a vendu des années durant : le rêve euraméricain. Fait des études et tu aura une belle situation mon fils ! Un truc «trop de la bombe» comme diraient certains.


Mais voilà, s’il y avait une chose que l’on avait pas prévu c’est qu’arrivé à l’heure du passage de témoin, le petit bâtonnet aurait disparu. Parce qu’il faut bien s’adapter aux réalités du marché : produire plus avec moins. D’argent et de main d’œuvre. Parce que certains seniors semblent aussi tellement se plaire à leur poste qu’ils s’y accrochent. « Me faire remplacer par un jeune ? Non mais tu déconnes ?! Jamais il n’aura ma compétence ! » Forcément, si on l’empêche de l’acquérir, la chose devient tout de suite un peu complexe. Le moins de trente-cinq ans peut avoir un bac+5 en poche, la chose n’y change généralement rien. Pis, il devient une menace. A bac +2, tout juste est-il bon à travailler dans une sandwicherie. Au-delà, on lui explique qu’il est surdiplômé. Ironie du sort, même l’Agence nationale pour l’emploi a fait ce discours sien : « Ah, oui, vous avez un troisième cycle. Honnêtement, je préfère vous le dire tout de go : autant que vous cherchiez par vous-même, vous aurez plus de chance de trouver un emploi ». Exagéré ? Non, vécu au quotidien par des milliers de jeunes diplômés. Question subsidiaire : à quoi servent véritablement les cotisations sociales que l’on paie ?

Alors, par dépit, on en vient à accepter, même bombardé de diplômes, à travailler pour pas grand-chose : le Smic ou à peine plus, en espérant pouvoir un jour gravir les échelons. Le jour, peut-être, ou un senior se dira qu’il ne serait peut-être pas idiot de passer ce fameux témoin. Qu’il en aura marre de s’accrocher à son fichu fauteuil en cuir. Reste que la plupart du temps le seul conseil qu’il laisse en partant tient à peu de choses près à cette petite phrase assassine : « Ah, oui, j’avais oublier de vous le dire : on a un peu merdé ma génération et moi. Les caisses de l’Etat sont vides et cela pose quelques difficultés pour ma retraite. Je vous dis cela en ami mais si vous pouviez cotiser un peu plus, cela m’arrangerait ». L’air de rien, c’est à peu près à ce moment là qu’aîné ou pas, on a envie de lui en balancer une en pleine face à notre senior. De lui rappeler qu’on a déjà à peine de quoi payer un loyer au regard de notre pouvoir d’achat et que s’il y a bien une chose dont on se fiche éperdument c’est bien de sa retraite. Réponse toute faite de l’intéressé: « Les gens ont raison, vous êtes une génération d’égoïstes. D’ailleurs vous ne faites même plus d’enfants ! » Là une petite voix intérieure nous dit, « non, ne le fais pas, reste calme ». Notre main reste donc sagement dans sa petite poche de pantalon. Mais le non dit est puissant, pour ne pas dire violent. A notre senior, on aurait envie de lui lancer un « non mais vous croyez sincèrement que c’est rendre service à un enfant que de lui donner vie aujourd’hui ? Vous voulez seulement un petit aperçu de ce que vous nous avez légué depuis notre enfance ? Le HIV, un pouvoir d’achat sans cesse déclinant, une quasi impossibilité de se loger, une dette nationale hors norme, une planète en pleine décrépitude sur le plan écologique, des cités ghetto au bord de l’implosion, vos retraites à surfinancer… Et on l’élève avec quoi cet enfant. Avec des allocations familiales histoire de l’endetter à son tour un peu plus qu’on ne l’est déjà ? On les finance avec quoi ses études quand on sait déjà que les droits d’inscription seront démultipliés d’ici vingt ans ? En lui mettant un autre crédit sur le dos ? »

Alors, oui, c’est vrai, faire des enfants (entre cinq et dix de préférence) pourrait sauver le financement de notre propre retraite à plus long terme. L’Afrique connaît sans doute d'ailleurs mieux ce système que quiconque. Par contre pour les résultats, mieux vaut passer.

Une autre idée – assez tentante, avouons-le – serait de ne plus la financer la retraite de notre senior. D’être vraiment égoïste, et de justifier pour le coup notre réputation. Mais c’est vrai, le moins de trente-cinq ans est aussi un peu idiot, du moins pour celui qui n’a pas encore fait le choix de l’expatriation : il a encore un peu envie d’y croire à ce fichu rêve euraméricain. Et cotise… Parfois, il fait même des enfants. Mais s’il y a bien une chose dont il se doute c’est que, dans les années à venir, la société française sera divisée en deux nouvelles classes : ceux qui s’en sortiront parce que dotés d’un instinct de survie assez phénoménal et les autres qui, au mieux, réussiront à maintenir la tête au niveau de l’eau. Pour l’anecdote, l'Institut national de la statistique et des études vient de publier un chiffre qui ne surprend aujourd’hui plus que nos seniors : 86 000 personnes sont aujourd’hui en France sans domicile, « parmi lesquelles 70 000 adultes et 16 000 enfants les accompagnant (..) 22 % d'entre eux sont des jeunes diplômés ». Fait étrange, la paupérisation des jeunes actifs français est quasiment absente des débats électoraux. D’autant plus étrange même que le mot d’ordre de cette campagne est « rupture » avec l’ancienne génération. Mais c’est vrai : le moins de trente-cinq ans ne comprend pas non plus grand-chose à la politique et oublie trop fréquemment que si les candidats ont été rajeunis, l’électorat ne l’a de loin pas été… En fait, mieux vaudrait tout simplement qu'il se taise.

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FRANCE: SOIS JEUNE ET TAIS-TOI

Question : que signifie avoir moins de trente-cinq ans France ? Etre diplômé, avoir de multiples propositions d’embauche en rapport avec ses compétences ? S’investir dans un projet professionnel prometteur, aidé de ses aînés, soucieux de passer le témo...

Trackback par : EUROPEUS | 27.10.2006

Commentaires

Le mouvement est malheureusement amorcé depuis les années 80. La France est quasiment le seul des " grands" pays à n'avoir jamais pu résoudre le problème du chomage.Inévitablement, les générations ses sont encastrées, véritable carambolage social.
Vous parlez de jeunes, moi qui ne le suis plus, sorti de la fac au début des années 80, j'ai avec ceux de ma génération essuyé les refus des séniors d'aujourd'hui, alors en pleine quarantaine, riches d'uun demi certificat de socio et d'un semestre de Letres et Cinéma." Vos diplomes, c'est zéro. L'expérience, voila qui compte.Apprenez, petits cons.L'entreprise se mérite."
AUjourd'hui, ils sont vieux, toujours là, se déclarant jeunes à jamais, ils n'ont rien produit ni inventé; Nous , nous avons pris les jobs, n'ayant jamais pu accéder aux emplois.
Les jeunes, il ne leur restait rien, n'ont donc plus rien.
Bienvenu en France.

Ecrit par : tweed | 28.10.2006

Bonjour Christophe,

Cet article induit en moi deux sentiments bien différents, et si j'apprécie le ton acerbe, il est peut être ici décalé.

D'un côté je ne reconnais absolument pas ce portrait d'une jeunesse écartée de la vie active, sacrifiée ou presque pour le confort de nos aînés. Peut être faut il ne pas être trop naïf, et si le rêve euraméricain n'est pas mirifique, la réalité à la vie dure : il est toujours plus facile de trouver un emploi quand on a un diplôme que quand on en a pas. Les statistiques le démontrent chaque année, l'attente sur le seuil du marché de l'emploi est toujours plus courte pour les détenteurs d'un diplome d'ingénieur, d'une école de commerce, d'un DUT, ... que pour celui sorti du système scolaire au collège ou au lycée. Reste aussi la dure réalité de ceux qui restent sur le bord du chemin avec des diplomes de psyco, socio, lettres, .... parce que notre système économique n'a pas encore compris toute l'utilité de ces compétences dans une économie qui se tertiarise, mais ça viendra face au manque de main d'oeuvre.

"Arrivé à l’heure du passage de témoin, le petit bâtonnet aurait disparu" ? L'heure du passage de témoin a à peine commencé, et le gros de la vague du papyboom est à venir. C'est par centaine de milliers que des postes vont se libérer. Sans doute, la réforme des administrations ne va pas remplacer 1 poste pour 1 poste, dans un recherche de productivité. C'est légitime pour limiter les déficits et combattre la dette. Pour les entreprises, comme la réforme est continue, l'effet de réforme sera moindre, mais il n'en restera pas moins des milliers de postes à pourvoir.

Du papyboom, transitons vers le sujet principal et très intéressant de cet article : le problème des retraites et la contribution qui va être demandée aux jeunes actifs pour financer la pension de nos aînés. En France, c'est le black-out sur le sujet. Un ami allemand s'en étonnait récemment. Là-bas, ce sujet est dans tout les journaux, débattu. Ici rien. Impossible de savoir, quand on a moins de 35 ans et que l'on gagne disons 2000 € mensuels, que dans 40 ans et malgré des cetaines de milliers d'euros versés, on touchera à peine quelques 300 € mensuels. L'essentiel de notre contribution (qui aura d'ailleurs été en constante augmentation, environ + 1 % de PIB en 2020) aura servi à payer la pension des papyboomers.

Le vrai scandale est dans ce silence. La gauche réfute la réforme des retraites de 2003 au prétexte qu'elle n'aurait pas réglée tous les problèmes. On est en pleine démagogie alors que l'effort de réforme est indispensable pour ne pas saigner à blanc les jeunes actifs tandi qu'ils n'auraient rien à la fin. Les syndicats refusent de mettre à plat la réforme des régimes spéciaux. On conserve un système inéquitable hérité d'un autre siècle, sacro-saint avantages acquis, parce que les syndicats se révèlent discriminant vis à vis des jeunes. Normal, les délégués syndicaux sont tous des séniors.

"Ne plus financer la retraite de notre senior" serait sans doute un geste ultime de rébellion. Mais en attendant, exigeons un effort de vérité sur les retraites, vis à vis des élus et des syndicats. Pratiquons le diagnostic partagé. Ecoutons par exemple la CFDT qui a payé chère son engagement en faveur de la réforme de 2003, parce que le discours ambiant des autres syndicats et de la gauche, était en faveur de l'immobilisme !
La démagogie par le mensonge n'a pas seulement vaincu le TCE, il y a des précédents et c'est même devenu un "art politique nihiliste" particulièrement prisé en France.
L'effort des bloggueurs ne sera pas de trop dans cet exigence de vérité et de prise de conscience. Car dans un jeu démocratique où la majorité décide, les séniors vont être de plus en plus nombreux. Evitons d'en arriver à des solutions ultimes.

Ecrit par : Héloïm Sinclair | 28.10.2006

@ Tweed,

C'est vrai. Les quadras s'en sont pris également plein la tronche. J'en connais pas mal qui ressentent la même chose que les trentenaires. Après les seniors, le déluge... Le plus drôle - mais je suppose que c'était déjà le cas dans les années 1980 - tient aux offres d'emplois à la sortie de la fac: "Profil recherché: -25 ans, Bac +5, 5 ans d'expériences. J'aimerais encore en rire mais je n'y arrive même plus, connaissant trop de gens "surdiplômés" travaillant aujourd'hui pour 1200 à 1600 euros.

@ Héloiïm,

Heureux de te revoir ici ;-) Mais pour le coup pas totalement d'accord avec toi :-)

"il est toujours plus facile de trouver un emploi quand on a un diplôme que quand on en a pas. Les statistiques le démontrent chaque année, l'attente sur le seuil du marché de l'emploi est toujours plus courte pour les détenteurs d'un diplome d'ingénieur, d'une école de commerce, d'un DUT, ... que pour celui sorti du système scolaire au collège ou au lycée." Sur ce point, OK, mais quel type d'emploi?! Les salaires sont incroyablement bas. J'ai également des amis ingénieurs, DGS, etc... Leur salaire grimpe au mieux à 1800 euros (2000 euros relève presque de l'exception, à moins que tu parles en brut et non en net)! Enlève là dessus un loyer (simplement en province) entre 800 et 1000 euros, les factures diverses et l'alimentation. Vois ce qui te reste à l'arrivée. En un mot, rien. Comment veux-tu investir dans l'avenir?

"Reste aussi la dure réalité de ceux qui restent sur le bord du chemin avec des diplomes de psyco, socio, lettres, .... parce que notre système économique n'a pas encore compris toute l'utilité de ces compétences dans une économie qui se tertiarise, mais ça viendra face au manque de main d'oeuvre." Certes mais ces mêmes personnes, se sont quand vu dire au moment de leurs études, allez-y les gars, l'avenir vous tend les bars. Aujourd'hui, rien. Alors comme tu le dis, un jour viendra peut-être... Mais en attendant, ils font quoi, ils vivent comment?


Sur la question des retraites, ok par contre: on a un vrai problème. ET je t'avoue que je me demande encore pourquoi je cotise. Tout ça pour que dalle, sans doute à l'arrivée. Tout simplement déprimant. D'ailleurs, le discours voulant que si tu t'expatrie tu ne toucheras rien pour ta retraite ne fait plus aucun effet sur les trentenaires, vu qu'ils se doutent bien que même en cotisant, ils n'auront rien ou si peu. Ceratienement pas assez, en tout cas pour habiter mieux qu'un F1. Re-déprimant...

Sur le "diagnostic partagé", je suis bien évidemment pour. Mais ensuite. Faut-il encore qu'il soit suivi des faits. La seule chose qui pourrait objectivement en résulter serait une hausse des cotisations retraites et donc une nouvelle baisse du pouvoir d'achat. A moins que nos seniors acceptent que le principe de solidarité n'aille pas que dans leur sens. Mais là, j'en doute.

Christophe

Ecrit par : christophe | 29.10.2006

salut ,

je constate plusieurs choses pour ma profession:

les points negatifs pour les jeunes:
1/les postes ne se liberent pas et la direction (ingenierie pourtant) est un peu fermee sur elle meme
2/les jeunes sont bien moins payes que leurs aines
3/ les aines ont achete des biens immobiliers a prix bien plus interessants car nous par exemple on peut meme pas sinon acheter un appart dans un quartier populaire avec emprunt a long terme
4/ pas de retraite comme nos parents. pas de reforme faite auparavant donc on paiera pour eux
5/ avoir son bien immobilier et avoir etabli une securite financiere n'empeche pas "ces gens " de faire monter les prix et de nous rendre la vie encore plus impossible

les points positifs:
1/moins chers donc plus interessants car consultants places a certain prix mais bon il faut acquerir l'experience et la c'est dur
2/y a pa sd'autre point positif a ma connaissance

conclusion d'un ami qui finit de travailler a 50 ans:
"je ne comprends pas les gens jaloux. .."
et l'injustice?

je sais pas pourquoi j'hesite a partir.. en fait ces derniers temps j'ai des nouvelles pas tres positives des usa d'un ami qui me fait hesiter et puis le canada... j'ai peur que ma femme supporte pas. mais je crois que partir (d'apres les amis qui l'ont fait) est la solution.
j'etais au ps pendant plusieurs annees... on peut plus rien esperer. tout est fige... c'est le seul point que j'aime en sarko: la rupture.

Ecrit par : Fred | 05.11.2006

Fred,

D'accord sur le constat même si cela m'a valu une volée de bois vert sur le monde citoyen. Bref, en disant cela, on est grosso modo un vendu au grand capital pour finir dans le rôle du grand méchant loup... ;-) Bref, passons. Sur l'immobilier, je me suis "amusé" à aller voir mon banquier pour faire une simulation financière. Montant d el'emprunt: 200.000 euros. Remboursement échelonné sur 15 ans: 1649 euros par mois... Pourquoi 15 ans, voire 20 ans? Simplement parce qu'au delà, l'air de rien on ne sera pas loin de la retraite ( à 10-15 ans près) et que quitte à rembourser, au moins limiter la part d'intérêts... Bref, 1649 euros chaque moins pendant 15 ans. Dans une ville moyenne, 200.000 euros correspondent à un 45-55 m2. Si tu veux t'approcher d'une surface vivable pour une famille, compte entre 90 et 110m2. (surtout si ton domicile est également ton lieu de travail). Là, le prix du marché débute à 300.000 euros. J'ai beau retourner la chose dans tous les sens, essayer de positiver, le constat reste le même: inaccessible. La solution consisterait bien à travailler davantage mais au risque d'énerver un peu plus mes petits camarades du Monde citoyen, plus tu travailles dans ce pays, plus tu paies. Décourageant.

Reste les retraites, sujet pour lequel il ne faut surtout pas ouvrir le débat. Forcément ça fâche. D'un côté, les trentenaires ne sont pas prêts de voir leur cotisations leur servir à grand chose. D'un autre, celles de nos aînés ont été réduites, en comparaison avec ce qu'ils attendaient. Bon, tu me diras, au moins ils en ont une... C'est déjà ça... Mais bon, vu la perte qu'ils ont enregistré, ils ne sont pas prêts de revenir à une quelconque table des négociations.

Fait "amusant", une sexagénaire me disait pas plus tard qu'hier deux choses, pas forcément cohérentes une fois mises ensemble:
1/ Pour nous aussi ça a été difficile. A une petite nuance près, me suis-je permis d'ajouter: les samaires n'ont pas augmenté mais les prix ont flambé, l'immobilier notamment...
2/ En fait, vous vous retrouvez dans la situation de vos grands-parents qui ont dû tout reconstruire. L'air de rien, là ça ne m'a pas des masses rassuré... Le Canada alors? Disons que j'ai encore envie de rester en France, mais je peux tout à fait comprendre que l'on veuille s'y expatrier... Au moins il y a du travail: les Canadiens ont besoin de 680.000 migrants chaque année pour faire tourner leur économie. Ils prennent même des moins de trente-cinq ans ;-)

Le plus "drôle" dans cette histoire est que lorsque l'on pose ces questions sur la table, la FRance semble se diviser en deux: d'un côté ceux qui, ouvertement à droite, te sortent un truc du type "salauds de profiteurs de pauvres"; d'un autre ceux qui se reventiquent pleinement à gauche, un truc du type "salauds de riches". Entre les deux, une grosse part de la population active qui, du moins est-ce mon sentiment, commence sérieusement à en avoir plein le dos de cette pensée binaire. Mais bon, comme me l'ont expliqué mes petits camarades du Monde citoyen, la réponse est à chercher dans la lutte des classes! Tu as beau leur expliquer que Marx est mort et enterré, qu'il y a peut-être un juste milieu entre le blanc et le noir mais rien n'y fait. En même temps, ils ont peut-être raison... Que la droite achève les pauvres et la gauche linche les riches et le tour sera joué... En même temps, si c'était aussi simple, ça se saurait peut-être... En résumé: grosse fatigue quant à l'état des rojets politiques et du débat en France...

Amitiés,

Christophe

Ecrit par : christophe | 06.11.2006

Christophe,
oui . tout à fait d'accord avec ton analyse.
mon ancien boss racontait des tas de conneries (excuses le gros mot) sur les pauvres. Tiens un exemple: "quand je viens au travail, je vois les tours avec les antennes paraboliques. Apres ca ils osent dire qu'ils ont des problemes" ou "les familles nombreuses et touchant les allocations ils ont plus besoin de bosser quand nous on est obliges de travailler dur pour s'en sortir" ou "tu es trop paye compare a beaucoup de pays du monde". note: ce type a une grande maison a saint germain ( à côté de Paris) et une autre maison sur l'île de Noirmoutier. Sans oublier qu'il paie l'école privée de sa fille , école de design quand elle était capable de ne réussir à rentrer nul part... bref le pauvre :D
et puis tu as ces socialistes que j'ai cotoye... comme la candidate depute , elle nous a invite dans sa maison, super luxieuse a Nogent. elle me parlait en revenant d'une autre ville: "regardes il n'y a pas de probleme ici" en parlant de quartiers populaires. elle y a jamais mis les pieds et c'est moi qui distribuait les tracts là. et ses commentaires entre "ces salauds de riches" et "les ouvriers sont des ignards qui votent pour les fachos"... c'est assez rigolo.. oups en fait assez triste.
tout çà m'a dégoûté du ps
même de mon pays quand de mon retour de mes vacances j'ai l'impression d'arriver dans un pays en voie de développement :( tant de pauvreté (c'est presque qu'on arriverai bientôt à la situation que j'ai connu à Berlin étant enfant)
bonne soirée
amicalement

fred

Ecrit par : Fred | 06.11.2006

poula :-)

je suis quasi entierement d'accord avec cet article :-) moi je suis encore etudiant ...22 en maitrise de droit et de science politique .. je fais de l'arabe et de l'anglais litteraire a coté..
je ne pense pas que globalement ça m'aidera.. du moins en France..
j'aime mon pays, j'aime notre culture ( et notre gastronomie miam) mais je ne resterait pas en France.. mais en europe si .. mon dévolu s'est porté sur la suede ( pour le moment) je payerai autant de taxes qu'ici mais je serai plus payé .. et j'aurai du boulot quasi desuite..

j'ai aimé ce que tu as dis sur l'anpe.. mon frere a 25 ans bac+4 en geo amenagement du territoire.. il n'a rien trouvé et a l'anpe on lui a dis " vous avez trop de diplomes" .. mon frere ne cherchait meme pas a gagner 2500 euros par mois , mais juste au moins le smic.. il n'a rien eu ..

quant aux retraites des seniors.. si vous voulez mon avis.. ils peuvent travailler jusqu'a 80 ans que je m'en moque completement.. je serai presque pour "la journée de l'euthanasie".. c'est pour dire..
de toute façon, nous les jeunes nous n'avons pas le pouvoir et on ne l'aura pas de sitot.. l'economie est d'avant guerre, comme les mentalités, et la politique..

en passant, je serai pour un systeme plus americain, le principe de la donation me branche carrement plus ...enfin en maintenant un minimum syndical ( quelle expression peut etre) pour des cas isolés..

enfin vaste probleme et aucune solution pour le moment :-)

Ecrit par : Sans Cervelle | 12.11.2006

Sans cervelle (un peu quand même ;-))

Le problème est que lorsque l'on dit cela on s'en prend actuellement plein la tronche par nos aînés. Leur seule réponse: "faites des bébés", histoire de financer nos propres retraites... A ceci près que le bébé en question grandit et que je connais peu de personnes ayant envie de l'éduquer sous un pont.. Resterait bien l'optio puiser à gogo dans les aides sociales mais autant suicider nos descendants tout de suite (au moins sur le plan budgétaire). Bref, plutôt bof pour les allocs, d'autant plus que si tu as le malheur d'avoir un emploi (même précaire) on te fais vite savoir qu'il n'y a personne pour t'aider (notamment en matière immobilière): si tu gagnes (par exemple) 1000-1200 euros, tu n'es pas assez solvable auprès d'un proprio mais tu l'es trop pour bénéficier d'une caution publique. Et vu que nombreux sont ceux qui gagnent cette somme... kafkaëien.

Quant à l'Anpe, je l'ai vécu moi-même. Le plus drôle (ou déroutant) est qu'en plus du "vous avez trop de diplômes, nous ne pouvons rien pour vous, vous aurez bien plus de chances en cherchant par vous-même", j'ai découvert qu'en tant que journaliste je n'entrais "pas dans les cases", cette profession n'ayant pas été prévue par leur logiciel. Bref, Zézette (le Père Noël est une Ordure, pour qui n'aurait pas vu le film ou la pièce), c'était moi pour le coup.

La Suède, je ne la connais pas dans la pratique. Mais je peux comprendre que l'on veuille y tenter sa chance. Non par désamour de la France mais parce qu'un moment ou un autre il faut bien penser à (sur)vivre. Je t'avouerai sur ce point que si je ne devais travailler qu'avec la France, je ne sais pas vraiment comment je tiendrais...

Anecdote amusante, l'un de mes voisins, jeune quadra travail à la poste. Il a donc un emploi mais passe son temps à empiler les factures qu'il peut tout juste payer avec son salaire. Pas plus tard qu'il y a trois jours, je le croise en bas de l'immeuble. Je lui demande de ses nouvelles et il me répond qu'il va bien, qu'il part... A Madagascar pour y monter une PME. Non pas qu'il n'aime pas la France mais vu qu'il ne s'en sort pas financièrement et que lui aussi se doute bien que sa retraite va ui passer sous le nez quand bien même il aurait payé celle des autres, il se fait la malle. Il sera rapidement propriétaire (8000 euros un terrain de plusieurs hectares et une maison de 7 pièces construite par un autre expatrié français! - soit huit à douze mois de loyer en France...). Pour le reste, seul l'avenir dira s'il a fait le bon choix mais il sait au moins qu'il aura moyen de crééer sa boîte et de vivre confortablement.

Le plus triste est que lui + des milliers d'autres = pas mal d'emplois qui ne se créeront pas en France. Je ne doute pas que quelques grincheux lui expliqueront que s'il était patriote ou je ne sais trop quoi encore il monterait son entreprise en France mais, à sa décharge, on peut se demander comment. J'ai fait l'expérience cette année: mon chiffre d'affaires (je suis à mon compte) a augmenté avec pour conséquence absurde de moins bien vivre que l'année précédente...

Je n'ai donc qu'une chose à te dire: tente la Suède, en espérant de tout coeur que professionnelement cela te réussisse mieux que la France. En même temps est-ce vraiment possible de faire pire ailleurs en Europe que dans l'Hexagone...? Je commence sérieusement à en douter. Surtout quand je vois un nombre ahurissant de jeunes expatriés qui, même s'ils aiment la France, n'ont visiblement aucune envie d'y retourner travailler en l'état...

Christophe

Ecrit par : christophe | 13.11.2006

comme tu le dis...
pour les bébés= meme constat que toi.. j'aimerai avoir des nenfants, c'est mignon ces petites bébéttes..mais je tiens a ce qu'ils aient un minimum d'education .. et pouvoir s'epanouir un minimum.. il y a toujours le choix de se limiter qu'a un seul .. mais ce n'est pas mon ideal alors ça attendra..( nos 40 ans?? )..

pour l'immoblier.. j'ai testé moi meme.. pour prendre un apart minimum 750 euros par mois sans compter les 3 mois d'avance.. j'ai du demander a mes parents de se porter caution .. du coup bé ..je suis resté chez papa et maman :-) comme mon grd frere qui ne peut pas se payer un apart ( il doit gagner 1100 euros je crois)..

bah pour la suede le calcul est simple..je payerai aussi cher mon apart sur lyon qu'a stockholm..la vie y est moins chere la bas ( ce qui est un comble quand meme) et mon salaire sera quasi doublé.. alors bon le choix est rapide :-) mais j'ai choisi stockholm pour etre proche de paris ( 2h de vol) ..

pour les departs.. ma famille n'est pas un bon exemple..
je compte partir en suede.. ma petite soeur en afrique du sud ( elle finira ses etudes la bas) .. mes parents et mon frere repartent a noumea (ils vont monter une entreprise )..
et oui :-) tout le monde quitte le navire.. et pourtant on vit bien ici.. (milieux bourgeois de droite ) mais on sent que dans l'avenir ça va etre de plus en plus dur..

et en effet vivre en france c'est devenu super dur... je ne prend que mon cas( parceque c'est celu ique je connais le mieux en passant) je n'ai le droit a aucune bourse, a rien, jamais.. et le peu que je travaille je cotise autant qu'un vrai salarié...alors que j'en connais d'autre qui travaille 5 mois et hop 6 mois au chomage.. mais j'ai une amie qui elle, je crois qu'elle est a 100 euros au dessus des criteres pour la bourse.. bé rien non plus..du coup elle travaille comme une forcenée pour se payer son apart etc..

c'est la que je m'inquiete pour 2007... aucun ne semble pret a changer le systeme social ( de toute façon les français ne se laisseraient pas faire car l'un dans l'autre tout le monde semble gagner quelquechose sur un plan)...
la seule note d'espoir c'est ce papy boom .. dans le sens ou on aura peut etre plus de boulot..et la c'est mauvais a dire..mais notre seul but sera de ne pas se retrouver parmi les plus gros cotiseurs..( magouille et compagnie en somme)..

Ecrit par : Sans Cervelle | 13.11.2006

Le papyboom, j'y ai cru un temps... Mais vu que les départs sont de moins en moins compensés (voire plus du tout), je doute que cela laisse beaucoup de places vacantes... Un truc est cependant intéressant à observer: faute d'emploi, de plus en plus de moins de 35 ans se mettent à leur compte (travailleurs indépendants, PME, etc..). En fait à ce rythme on est parti pour devenir la première nation européenne de freelances ;-) Au moins pour ceux qui restent (et là, ça devient franchement dur de rester)...

Christophe

Ecrit par : christophe | 13.11.2006

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