30.10.2006

ON NOUS AURAIT MENTI...?

Fait amusant, ou presque, ce week-end. En lien direct avec la pré-campagne des présidentielles, celui-ci tient à une découverte époustouflante : les Français sauraient que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ne sont pas les seuls candidats à la présidentielle. Mince ! A croire que la multitude de Unes et autres incessants reportages sur le couple chouchou des média n’auraient pas suffit à lobotomiser la totalité des électeurs. Parmi les challengers, Dominique Strauss-Kahn au sein même du parti socialiste dirigé par François Hollande Royal, compagnon de..., qui n’en fit plus de désespérer des piques envoyées à sa chère et tendre. En même temps, on peut imaginer sa frustration : en ne se présentant pas à la candidature, sans doute imaginait-il vivre huit mois « conjugaux » paisibles. Voir une Ségolène heureuse, souriante, épanouie. Et bien non, DSK et Fabius se sont à peu de choses près invités dans leur petit nid douillet. D’où sans doute la moue de François. Pas facile en effet d’entendre parler de ses deux camarades de jeu jusque sous les draps. Du moins, on imagine.


Mais le véritable « séisme » est autre : Jean-Marie Le Pen et François Bayrou existeraient bel et bien. Mieux, ils pourraient être les troisième et quatrième hommes, sinon les deux premiers. Le premier, chantre du nationalisme facile, gagne désespérément chaque jour un peu plus en crédibilité auprès d’une partie de l’électorat. Sans rien faire… Tout au plus en laissant Ségolène et Nicolas faire campagne : « Si Nicolas Sarkozy n’hésite pas à se réapproprier certaines de mes thèses, il ne va jamais jusqu’au bout, lâchait-il ce week-end dans le Journal du Dimanche. Malgré les apparences, le discours de Ségolène Royal n’est pas très différent lorsqu’elle parle d’encadrement militaire, d’autorité ou d’ordre (…) Ils ont en tout cas une chose en commun : leur démagogie criante ». Entre insécurité, sixième république et autres jurys populaires proposés par les leaders (rapidement) annoncés de l’UMP et du parti socialiste, le patron de l’extrême-droite peut en effet savourer les thèses développées. L’ironie du sort ? Le Pen semble avoir trouvé plus démagogue que lui. Reste à savoir si les électeurs choisiront l’original ou la/les copies. Car la question mérite d’être posée si l’on jette un coup d’œil au dernier sondage (à prendre comme son nom l’indique avec des pincettes) publié par le JDD qui lui attribue un capital sympathie de 18% auprès des électeurs. Quand on sait que le potentiel du FN est généralement sous estimé, tout laisse penser, qu’un 21 avril bis n’est décidément pas à écarter.

Bayrou, lui, remonte une pente dont nos experts médiatiques n’imaginaient même pas une seconde qu’il puisse simplement un jour approcher. Même si un frémissement courrait depuis un certain temps sur les blogs, et notamment Agoravox.fr, aucun d’eux ne voulait y croire. Les railleries n’ont d’ailleurs pas manqué sur le sujet, jusqu’à certains lecteurs du mondecitoyen.fr, qui reprend cette chronique : En vrac, Bob 23 septembre 2006, 11:48 : « Je ne suis pas sûr que ça soit (le coup de gueule contre Tf1) qui amène (à Bayrou) la sympathie des internautes d’Agoravox, mais plutôt sa position sur la loi DADVSI. Or quand on regarde les articles sur DADVSI sur Agoravox, il y a une majorité de contre. Je ne pense donc pas que leur sondage reflète vraiment la population française » ; Pégase, même jour, 13:50 « […] Que Christophe Nonnenmacher commette cette erreur, prendre ses désirs (?) pour des réalités, est navrant : Sans doute la plus représentative d’entre elles [enquêtes d’opinion] est-elle à mettre au crédit d’Agoravox, le premier média citoyen français. […] » ; Edmond K, 24 septembre, 9h36 : « Pour l’apparition de “Che” Bayrou, le révolutionnaire qui part en guerre contre l’appareil médiatico-politico-affairiste, je ne peux m’empêcher de me marrer », etc.., etc.. Aujourd’hui, le journal du Dimanche crédite Bayrou de 30% de capital sympathie (personnes ne rejetant pas l’idée de voter pour lui dès le premier tour). Agoravox, début octobre, sur un panel de 4000 lecteurs, le créditait de 29%... Alors, toujours aussi ridicule l’hypothèse Bayrou ? A suivre…

Commentaires

Oui, bien sûr la campagne ne fait que commencer et (espérons-le) on n'est pas à l'abri de surprises, ce qui d'ailleurs est une constante pour toutes les élections présidentielles. Quant à Bayrou, il creuse effectivement avec efficacité son sillon, et élément favorable pour lui, les médias commencent à s'y intéresser.

Ecrit par : Catherine Guibourg | 05.11.2006

Catherine,

Entièrement d'accord, d'où ce titre un brin ironique. Dommage cependant qu'il ait fallu que Bayrou hausse le ton face à Patrick Le Lay pour le voir surgir. Quelque chose me gène d'ailleurs dans le monde journalistique. Après les études universitaires, j'avais envisagé de faire une école, pour acquérir la technique. En lisant les annales d'une école que je préfère ne pas citer, on pouvait y voir un exercice asez stupéfiant: le candidat devait commenter une photo, écrire à partir de celle-ci. Aucune indication n'était donnée sur l'endroit où elle avait été prise, par qui, dans quel contexte, etc.. Non, le candidat ne savait rien mais devait écrire un papier. En résumé, non pas relater l'actualité mais la créer. C'est pour cette raison que je n'ai pas passer le moindre concours. Ce petit détail me posait - je sais, c'est très con - un vrai souci. Là, des amis, ma famille, m'ont expliqué que j'exagérais, et qu'après tout ce n'était pas bien grave, il ne s'agissait que d'un concours. A peu de choses près, dix ans après, que vois-t-on: une création cet été de l'actualité autour de Ségo et Sarko, un nouveau péril jeune en banlieue monté en épingle bien avant toute attaque de bus, etc.., etc.. Je ne sais pas pour le 92 ou le 93 (même si j'en ai des échos par d'autres blogueurs y résidant, tout aussi sceptiques que moi) mais à Strasbourg, le Neuhof a été l'une des cités les plus chaudes de France ces dernières années. Pour 'y être rendu plusieurs fois ces derniers temps, rien, pas le moindre petit début de violences... Etrangement, quand on lit le journal, quand on regarde un JT, tout a l'air de brûler. L'exercice du fameux concours aurait-il été annonciateur d'une nouvelle façon de faire du journalisme? La question peut sans doute être posée. mais bon, là encore, je ne vais pas manquer de me faire des amis...

Christophe

Ecrit par : christophe | 06.11.2006

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